PARTIE II - LA REALISATION DES TIMBRES POSTE
2.1. Impression des timbres-poste en Taille-Douce
2.1.1. Impression des timbres-poste en Taille-Douce
2.1.1.3. Impression des timbres-poste sur du papier gommé



2.1.1.3.1. Impression des timbres-postes gommés de feuille

2.1.1.3.1.1. Mode d'impression des timbres-poste gommés de feuille

2.1.1.3.1.1.1. Principes généraux de l'impression des timbres-poste gommés de feuille

L’impression en taille-douce est un procédé d’impression par les creux.


(Source : Document ITVF)

Les impressions en taille-douce sont privilégiées pour les timbres d’usage courant car considérées comme une impression sécurisée.
En effet :
- la confection d’un poinçon est une technique manuelle hautement spécialisée,
- les presses taille-douce industrielles sont rares dans l’industrie privée. Seuls l’ITVF et Cartor en disposeraient en France.
- le coût de confection des cylindres est important. Seule une production en grande quantité permet de rentabiliser les coûts.

Plusieurs presses depuis les années 1970 ont été utilisées pour imprimer les timbres-poste de feuille gommée imprimés en taille-douce avec des barres phosphorescentes.

Timbres-poste
Type de presse
Taille-Douce 3 couleurs (TD3)
Taille-Douce 6 couleurs (TD6)
Rotative Grand Rendement n°1
(RGR-1)
Rotative Grand Rendement n°2
(RGR-2)
EPIKOS (TD215)
Marianne de Cheffer
-
x
-
-
-
Marianne de Béquet
-
x
x
-
-

Sabine de Gandon

x
x
x
-
-
Liberté de Gandon
-
x
x
x
-
Marianne du Bicentenaire
-
x
x
x
-
Marianne du 14 Juillet
-
x
x
-
-
Marianne des Français
-
x
-
-
x
Marianne et l'Europe
-
x
-
-
x
Marianne et la Jeunesse
-
x
-
-
-
Timbres commémoratifs
-
x
-
-
x

Sur les presses taille-douce les rouleaux encreurs viennent tour à tour toucher le cylindre d'impression gravé et chromé.


(Coquille en acier d'un cylindre d'impression - « La gravure » (1984))
(Graveur: A. Decaris)
(Dimensions : L : 39 cm, l : 22.5 cm, h : 6 cm , épaisseur : 1 cm)
(Source : Copyright Coll. L'Adresse Musée de La Poste, Paris / La Poste)
(N° d'inventaire : 2006.0.540.5)

Des rouleaux toucheur sont confectionnés en cas d'impression avec plusieurs couleurs.


(Rouleau toucheur en caoutchouc du cadre - « La gravure » (1984))
(Graveur: A. Decaris)
(Dimensions : L : 43 cm - diamètre : 8.5 cm)
(Source : Copyright Coll. L'Adresse Musée de La Poste, Paris / La Poste)
(N° d'inventaire : 2006.0.540.2)


(Rouleau toucheur en caoutchouc des textes et de la faciale - « La gravure » (1984))
(Graveur: A. Decaris)
(Dimensions : L : 43 cm - diamètre : 8.5 cm)
(Source : Copyright Coll. L'Adresse Musée de La Poste, Paris / La Poste)
(N° d'inventaire : 2006.0.540.3)


(Rouleau toucheur en caoutchouc du portrait de la femme graveur - « La gravure » (1984))
(Graveur : A. Decaris)
(Dimensions : L : 43 cm - diamètre : 8.5 cm)
(Source : Copyright Coll. L'Adresse Musée de La Poste, Paris / La Poste)
(N° d'inventaire : 2006.0.540.4)


« La gravure » imprimé avec trois couleurs sur une presse taille-douce 6 couleurs (TD6) émis le 08.06.84

Le cylindre d’impression est essuyé immédiatement pour ne laisser l'encre que dans le creux des tailles.


(Détail d'une impression en taille-douce)
(0.60FF vert « Marianne de Béquet »)


(Détail taille-douce x200)


2.1.1.3.1.1.2. L'encrage des timbres-poste gommés de feuille imprimés en taille-douce

Les premiers timbres-poste imprimés en taille-douce étaient d'une seule couleur.
Il fut possible par la suite de les imprimer en plusieurs couleurs avec des rouleaux découpés pour encrer séparément les différentes couleurs.

Ces premiers rouleaux étaient composés d'un noyau métallique enveloppé d'une épaisseur de matière (une toile collée avec une matière plastique tendre qui pouvait être découpée avec une lame coupante). Cependant, il fallait tenir compte d'un joint, la "couture", pour le faire correspondre avec le bas de la feuille.
La circonférence était égale à la hauteur d'une feuille et le rouleau encrait les trois "coquilles" à chaque tour de cylindre cliché.
Ces rouleaux s'usaient rapidement et leur remplacement d'effectuait en décollant la toile et en recollant une nouvelle. Une nouvelle découpe était nécessaire.

Ces premiers types de rouleaux furent remplacés par des rouleaux en matière plus résistante et sans "couture". Ils furent toutefois encore utilisés pendant longtemps pour les essais de couleurs avant d'être remplacés par des essais de type "Ormag".



(Lames de découpe)
(Source: Documentation interne ITVF)

Ces essais de couleurs avaient un découpage convenu, avec des bandes de couleurs et la dernière bande à droite était réservée pour des découpages différents pour chaque timbre selon le dessin et la demande.
Des feuilles étaient imprimées pour reproduire la maquette et avec des couleurs différentes pour chaque essai, ce qui donnait quelquefois un résultat inattendu. Un timbre était choisi parmi les essais et le découpage correspondant était conservé pour modèle pour le découpage des rouleaux du tirage.


(Plan des essais)
(Source: Documentation interne ITVF)

Chaque rouleau est découpé précisément sous une loupe grossissante, avec des outils tranchants pour ne laisser sur chaque timbre que la couleur pour un endroit déterminé.
Il est découpéun rouleau par couleur.


(Rouleau troucheur sous la loupe)
(Source: Documentation interne ITVF)


(Rouleaux toucheurs)
(Source: Documentation interne ITVF)


(Détail des découpes de rouleaux toucheurs)
(Source: Documentation interne ITVF)

Une nouvelle sorte de rouleaux toucheurs, appelés "chablon" (du suisse allemand schablone : pochoir) composés d'un "manchon" entourant un noyau métallique creux et bloqué en faisant le vide à l'intérieur a été mise au point.
La découpe est exécutée au laser avec un fichier numérique.


(Chablons)
(Source: Documentation interne ITVF)


2.1.1.3.1.1.3. L'essuyage des timbres-poste gommés de feuille imprimés en taille-douce

Les premières rotatives « Chambon » taille-douce (1928) avaient un système d'essuyage, fonctionnant avec des bandes de chiffons secs et potassés, qui enlevait l'encre en trop pour n'en laisser que dans les tailles.

Un nouveau procédé, inventé par M. Serge Beaune en 1936, a été par la suite utilisé.
Celui-ci composé d'un cylindre tournant dans le même sens que le cylindre clichés et au contact essuyait l'encre en excès.
Ce cylindre métallique était recouvert d'une épaisseur de matière synthétique relativement rigide et souple pour ne pas abimer les "coquilles" des clichés.
Cette "plaque", de marque " SAMI " était collée sur le pourtour du cylindre métallique. Les bords et le joint devaient être protégés par de la résine et la "couture " grattée minutieusement avec une lame.
Quand l'essuyeur était usé par le frottement et le trichloréthylène, il devait être changé. La couche était alors décollée et enlevée à chaud dans de l'eau pour être remplacée.

Dans les années 60-70, un nouveau type d'essuyeur "sans couture" a été mis au point.
Le cylindre était constitué d'un noyau métallique recouvert d'une sous-couche de caoutchouc, enroulé dans une toile ou une bande de toile, et recouvert d'une couche liquide (mélange de produits synthétiques, d'eau et de glycérine) qui coulait en filets, séchait par évaporation et durcissait tout en étant en rotation.
La couche obtenue étant irrégulière et il était nécessaire de passer l'ensemble dans un tour pour égaliser la surface (opérations de ponçage et lustrage) pour une utilisation sur les rotatives taille-douce.

Depuis les matières ont changé. La "pâte" de produits synthétiques, de carbonate et de graphite est mélangée sous vide.
La sous-couche est chauffée à 190°C pendant une heure, refroidie à 155°C puis enduite en rotation dans une hôte chauffante. D'une épaisseur de 5 à 6 mm, et toujours en rotation, elle est cuite à 180°C et refroidie pendant trois heures. La température est vérifiée par un thermomètre à visée laser.
L'essuyeur est ensuite rectifié au tour, poncé et lustré.


(Machine à enduire)
(Source : Documentation interne ITVF)


(Rectification au tour)
(Source : Documentation interne ITVF)


(Essuyeur poli)
(Source : Documentation interne ITVF)


2.1.1.3.1.2. Les supports gommés d'impression

2.1.1.3.1.2.1. La fabrication du papier

Le papier est une matière élaborée à partir de fibres cellulosiques végétales.
La pâte à papier, qui est le matériau de base de la fabrication du papier, peut être produite à partir de bois et d'autres matières ligno-cellulosiques (bagasse de canne à sucre, paille), de plantes fibreuses (chanvre, lin,…), de tissu de coton (sous forme de chiffons) ou de papier recyclé.

La pâte à papier moderne est généralement un mélange de fibres de bois et de papier auquel on ajoute un liant, la charge, afin d'améliorer la résistance des feuilles produites.


2.1.1.3.1.2.1.1. Fabrication traditionnelle à la main du papier

Pour fabriquer du papier, il était utilisé un cadre de bois de différentes dimensions, la forme d'où le "format", muni d'une grille sur laquelle la pâte à papier était uniformément versée. Après égouttage, on en retirerait une feuille que l'on faisait sécher sur un feutre. Différentes couches de feutres et de feuilles (empilage en porses) étaient pressées afin de retirer l'excédent d'eau, avant un séchage définitif à l'air libre sur un étendoir.


2.1.1.3.1.2.1.2. Fabrication industrielle du papier

La première machine mécanique à papier fut inventée par Nicolas Louis Robert en 1801 et mise en service à Anet en 1811.

La pâte à papier diluée dans de l'eau (5% de pâte et 95% d'eau) est acheminée par la caisse de tête de la machine à papier en un jet réparti sur toute la largeur d'une toile sans fin.
La répartition des fibres dans la laize (largeur) est améliorée par un léger mouvement latéral. L'avancement de la toile a tendance à orienter globalement les fibres dans le même sens, celui de la machine.
L'eau doit par la suite être éliminée pour structurer la feuille.
Une première phase d'égouttage permet de réduire le teneur en eau de 95% à 80% avant le passage successif sous des presses équipées de feutres absorbants (le séchage). On obtient ainsi un papier avec un côté toile et un côté feutre. A la sortie des presses, il a perdu de son épaisseur et contient encore 15 à 20% d'eau.
Le papier passe ensuite dans des cylindres séchoirs (le pressage) pour obtenir un résultat final de l'ordre de 5% d'humidité par évaporation grâce à la chaleur et l'air.
Le papier une fois séché peut être apprêté, opération qui consiste à le presser de nouveau entre plusieurs rouleaux afin de le rendre très lisse. On parle alors de papier bouffant (non apprêté), satiné (papier taille-douce), glacé ou surglacé.
La fabrication du papier aboutit à la création d'une bobine qui est tronçonnée à la largeur voulue à la bobineuse.
Les bobines de papier peuvent être utilisées telles quelles pour l'impression sur presse rotative ou reconditionnées sous forme de feuilles de formats divers.
Dans ce processus de fabrication, les fibres, plus ou moins longues, se retrouvent en grande majorité dans le sens de la fabrication (le sens machine) sur une largeur de plusieurs mètres (le sens travers).
L'alignement des fibres se retrouve dans le papier recoupé en bobines.


2.1.1.3.1.2.1.3. Le sens des fibres du papier

Le sens des fibres d'une feuille papier peut être reconnu par :
- pliage dans un sens puis dans un autre. Le pli le plus droit ou le moins "cassé" donne le sens machine.
- déchirure d'un sens puis dans un autre. La déchirure qui montre les fibres les plus longues donne le sens machine.
- humidification du papier. Les fibres humidifiées gonflent plus en épaisseur que en longueur et font rouler le papier dans le sens machine.


2.1.1.3.1.2.1.4. Importance du sens du papier dans l'impression des timbres

Sur presse rotative le sens du papier permet généralement de déterminer le sens de déroulement de la bobine de papier donc de l'impression de la rotative taille-douce.
Les impressions des timbres se font principalement en commençant par le pied. Cependant l'impression en débutant par la tête peut être préférée pour faciliter l'essuyage et éviter des trainées de couleurs les unes sur les autres.

Pour les impressions sur presse feuille à feuille les feuilles peuvent être découpées dans n'importe quel sens.


2.1.1.3.1.2.1.5. Sens du papier et type d'impression

Sur les presses Taille-Douce 6 couleurs (TD6) avec les deux impressions (impression report et impression directe) et le séchage à infra-rouge, des variations de largeur de bande de papier peuvent survenir. Il peut en effet être difficile de faire correspondre les deux impressions car si le papier est trop sec il se rétrécit avant le deuxième passage alors que le cylindre cliché est invariable. Il faut donc trouver un juste milieu entre la température et l'humidification du papier pour ajuster les deux phases d'impression.


2.1.1.3.1.2.2. Les types de papier

Pour l'impression en taille-douce le papier utilisé est peu calandré pour faciliter l'impression et aller chercher l'encre au fond de la taille et humidifié pour être plus souple. Si le papier n'est pas assez humidifié, l'impression est "dépouillée".

En fonction des lots reçus des différents fabricants de papier gommé et de l'additif (la charge), l'azurant optique, le papier peut avoir un aspect très différent :
- très luminescent comme très mat sous une lampe U.V.
- blanc lumineux comme gris à la lumière naturelle.


(0.10FF bistre-noir « Marianne du 14 Juillet - La Poste »)
(Tirage du 30.06.98)
(Papier luminescent - Papier mat)
(Sous lampe U.V.)

Quelques tirages ont été réalisés sur des papiers spéciaux souvent à titre d'essais.

Nous pouvons énumérer les papiers spéciaux suivants:
- papier Whiley utilisé de Janvier à Mai 1987 sur des tirages « Liberté de Gandon ».
- papier couché de la Compagnie Européenne de Papier (CEP) qui occasionne une impression très fine et nette utilisé sur quelques tirages de huit valeurs « Liberté de Gandon ».
- papier couché de Harrison et Sons (HS) enduit d'un composé luminescent à base de kaolin et de sulfate de baryum puis lissé. Ce papier dit également "polyvalent" car ne nécssitant pas une humidification préalable a été testé lors du 18e tirage du 2.20F rouge « Liberté de Gandon » des 30-31.10.85.
- papier vergé avec un aspect extra-blanc et réactif aux U.V. avec des vergetures horizontales ou verticales.
- papier sécurisé avec fil de soie

La presse TD215 a utilisé un papier spécifique d'aspect très blanc qui l'on peut dénommer papier EPIKOS.


(1.00€ oranage « Marianne des Français - ITVF »)
(Papier EPIKOS sur presse EPIKOS)
(Sous lampe U.V.)


(1.00€ oranage « Marianne des Français - ITVF »)
(Papier normal sur presse TD6)
(Sous lampe U.V.)


2.1.1.3.1.2.3. Les types de gomme au verso des timbres

Le gommage est fait chez un intermédiaire. Il consiste à déposer une couche de gomme arabique ou de gomme synthétique (polyvinyle).

Quatre grandes catégories de gomme peuvent être observées jusque dans les années 1980:
- la gomme brillante (GB), dite métropolitaine car utilisée essentiellement en Métropole.
C'est une gomme arabique, sensible à l'hygrométrie qui peut varier en fonction des lots et fournisseurs.
- la gomme mate, dite tropicale (GT) car réservée aux DOM-TOM.
C'est une gomme synthétique qui ne réagit pas aux variations hygrométriques.
- la gomme demi-mate (GSM)
C'est une gomme fabriquée par Aramix et testée de Mars à Juillet 1978.
- la gomme blanche mate, dite hollandaise (GH)
C'est une gomme quasiment invisible du fournisseur hollandais Inverpak à base de dextrine de pomme de terre testée à partir 1979.


(0.30FF orange « Sabine de Gandon »)
(Gomme brillante - Gomme tropicale - Gomme hollandaise)

A partir de la « Liberté de Gandon » une uniformisation de la gomme a été recherchée avec une gomme qui puisse être utilisée en Métropole et dans les DOM-TOM.
A partir de cette période, nous pouvons donc considérer que les différences constatées proviennent de l'approvisionnement chez différents fournisseurs.


(Roulett 2.20FF rouge « Liberté de Gandon »)
(Gomme brillante jaunâtre - Gomme brillante)


2.1.1.3.1.2.4. Les contrôles des papiers

Un papier pour une utilisation optimale doit être:
- neutre, ni acide, ni basique pour éviter les réactions chimiques avec les encres
- non abrasif pour éviter l'usure des outils de perforage

Il existe une classification AFNOR des papiers selon la proportion des pâtes qui les constituent avec 21 types différents du papier d'emballage (O-1) au papiers de luxe purs chiffons (VII-5).
Les papiers utilisés pour les timbres-poste sont de type VII-1 à VII-4.

Les différents opérations de contrôle du papier sont :

- l'analyse de la composition du papier avec une observation au microscope et l'utilisation de réactifs chimiques; réactifs de Herzberg ou de Lofton Merrit qui donnent des couleurs différentes selon les catégories de pâtes, mécanique, chimique, chiffons et végétaux.


(Structure macroscopique des fibres d'une feuille de papier)

- le contrôle du pourcentage de charges (matières minérales comme le kaolin ou le talc, matières artificielles comme le carbonate ou bioxyde de calcium) qui donnent au papier son homogénéité, sa blancheur, son imperméabilité, son opacité et son satinage).
Les charges sont incombustibles. Le papier est incinéré et le poids du résidu détermine le pourcentage des charges ou "teneur en cendres".

- le contrôle de la force du papier qui s'exprime en poids au m² (grammage).
On détermine sa "main" en mesurant son épaisseur et sa résistance mécanique en mesurant sa longueur de rupture et sa résistance à l'éclatement ou "crevaison" avec un éclatomètre.

- le contrôle de la porosité à l'eau par la méthode de Carson qui donne le degré de collage. Le collage augmente la cohésion des fibres et la solidité du papier et sa porosité.

- l'analyse de l'adhésivité des timbres par l'analyse chimique qui permet de contrôler la composition de la gomme (arabique, dextrine ou synthétique), son acidité qui doit être nulle en raison de son action sur les encres et son poids (environ 22 g au m²).

- l'analyse à l'aptitude à l'impression
Le lissage ou apprêt est mesuré avec un appareil "Bekk" à écoulement d'air et s'exprime en unités bekks pour le satinage du papier.
En typo, un satinage de 100 à 120 bekks est exigé alors que 15 à 20 bekks suffisent en taille-touce. En hélio, 600 bekks sont exigés.
La dureté de surface, la compressibilité, la densité se mesurent au duro-micromètre.
Pour les parties non imprimées, l'opacité se mesure à l'opacimètre, la couleur au spectrophotomètre et le brillant au goniophotomètre.

- l'analyse de la résistance du papier
Les mesures des propriétés de masse mécaniques sont importantes pour déterminer la résistance à la traction du papier, la capacité d'allongement et de déformation, pour éviter les casses de bobines dans les rotatives.


2.1.1.3.1.3. Mode d'impression des barres phosphorescentes

2.1.1.3.1.3.1. Impression des barres phosphorescentes sur les presses Taille-Douce

L'impression des barres phosphorescentes est effectuée par sur-impression.

Les barres phosphorescentes sont imprimées avec une encre grasse sur bloc d'impression typographique.
Les premières encres étaient séchées naturellement. Très rapidement elles furent séchées artificiellement avec une lampe infra-rouges ou une lampe U.V.

Trois types de cylindres ont été utilisés avec des clichés différents :

TypesCylindresClichés
T1
Cylindre non aimanté
Métallique
T2
Cylindre non aimanté
Matière plastique souple ou caoutchouc
T3Cylindre aimantéPlaque métallique recouverte de polymère


Les premieres sur-impression ont été effectuées sur des cylindres métalliques fixes recouverts de bronze tournés pour les bandes en relief et fraisés pour couper les bandes.
Rapidement des clichés avec des matières plus souples (matière plastique, caoutchouc,...) ont été utlisées.
Une évolution majeure a consisté à utiliser des cylindres aimantés avec un cliché amovible cintré recouvert de polymère (« Nyloprint »).

Les plaques de polymère « Nyloprint » (marque déposée) sont achetées et peuvent être découpées au format désiré .
Une plaque d’acier mince laminée (1/10° ou 2 d'épaisseur), recouverte d'une épaisseur d'1 mm environ de polymère fixée sur toute la surface, est ensuite monté par enroulement sur le cylindre magnétique.
Un négatif représentant les bandes phosphorescentes est dessiné par le service "Compogravure" et après insolation par une forte lumière, les parties exposées de la plaque sont durcies, et après gravure, restent en positif et en relief. Les parties non protégées par le négatif sont enlevées.
La plaque d'acier est ensuite cintrée et enroulée sur le cylindre magnétique du bloc d'impression.

Différentes encres ont été utilisées. Les premières séchaient lentement. De nouvelles ont été testées puis utilisées avec un séchage avec une lampe infra-rouges ou une lampe U.V. par polymérisation.


2.1.1.3.1.3.2. Contrôle de l'impression des barres phosphorescentes

Un contrôle visuel de la présence des barres phosphorescentes avec une lampe U.V, après l’impression, est effectué.

Une intervention manuelle de l'opérateur, pour repositionner les barres phosphorescentes, est effectuée uniquement en cas de décalage important. En cas de détection de manque de phospho, l'encre phospho est rajoutée manuellement dans l'encrier.

L'absence d'impression, le décalage,..., des barres phosphorescentes n'a pas été une cause de mise au rebut pendant des années contrairement aux autres défauts (couleur manquante, piquage à cheval,...).
Désormais avec un contrôle directement sur la ligne de fabrication avec la présence d'une lampe U.V. en fin de ligne et l'obligation sur le PV de fabrication de mentionner l'intensité des barres phosphorescentes l'absence ou un décalage des barres phosphorescentes doit être mentionné sur le bordereau de déclaration des anomalies de fabrication. Les feuilles fautées sont donc en théorie retirées par le service contrôle qualité.


2.1.1.3.1.4. Les autres phases de fabrication

2.1.1.3.1.4.1. Perforation des feuilles

La dentelure est effectuée après l’impression des figurines (ou des visuels) et des barres phosphorescentes par perforation des feuilles.

Nous pouvons dénombrer trois techniques de perforations:

- la perforation avec des emporte-pièces (ou peignes). L'emporte-pièce est constitué de 2 parties, les aiguilles et les trous dans lesquels les aiguilles perforent le papier qui sera évacué par refoulement.
Cette technique a été utilisée de 1862 à 1974. Plusieurs évolutions techniques se sont succédées.
Les presses TD6 ont utilisées la technique du double-peigne afin d'effectuer une perforation horizontale et verticale à chaque coup de perforateur.

- la perforation avec un dispositif rotatif (1974). Cette technique est utilisée sur la presse RGR1. Le perforateur est constitué de deux tambours de même diamètre que le cylindre d'impression.


(Détail des aiguilles sur le cylindre de type ORMAG)
(Source : Documentation ITVF)

Trois éléments principaux constituent la perforatrice ORMAG:
- le support
- le porte poinçons (élément mâle), cylindre recouvert d'aiguilles de 4 à 5mm
- le porte matrice (élément femelle), cylindre percé recevant les aiguilles présentes sur le porte poinçons.


(Schéma fonctionnel d'un perforateur de type ORMAG)


- la perforation dite à "l'arraché" (1986) sur la presse RGR2 avec un groupe perforateur rotatif APS permettant un perforage en continu.


(Perforateur rotatif de type APS)
(Source : Documentation ITVF)

Les trous de papier ne sont plus coupés par des aiguilles d'un tambour mâle s'emboîtant dans un tambour femelle mais les trous sont "fraisés" par une meule tournant à très grande vitesse. Les pastilles sont réduites en poussière et récupérées par un aspirateur.


(Schéma fonctionnel d'un perforateur de type APS)


2.1.1.3.1.4.2. Impression des inscriptions de service

Les mentions de service (numéro de feuille, date d’impression, numéro de presse, RE et code barre sur la nouvelle presse TD215) sont imprimées par la presse d’impression.


2.1.1.3.1.4.3. Elaboration des feuilles dans le format de vente

La dernière opération est le massicotage pour élaborer des feuilles dans le format de vente.

Le nombre de timbres dans une feuille est variable en fonction du format des timbres.

Nombre de timbres

Format

Exemples
100
-
Timbres d'usage courant
20
100 mm x 26 mm
Nancy - 78e Congrès de la FFAP
30
75 mm x 22 mm
Arras - Pas-de-Calais
40
25 mm x 36 mm
Eglise de Saint-Père - Yonne
40
55 mm x 21 mm
Palais des Papes - Avignon
48
30 mm x 40 mm
Raymon Aron (1905-1983)
48
35 mm x 26 mm
Tarbes + vignette 82e Congrès
48
25 mm x 36 mm
Menton - Alpes-Maritimes
50
21 mm x 36 mm
Alain Bosquet (1919-1998)
54
35 mm x 26 mm
Vaux-sur-Mer
60
26 mm x 40 mm
Cathédrale de Luçon

Il peut exister d'autres formats.


2.1.1.3.2. Impression des timbres-postes gommés de carnet et de bloc-feuillet

2.1.1.3.2.1. Les carnets gommés

2.1.1.3.2.1.1. Les carnets gommés de timbres d'usage courant


2.1.1.3.2.1.1.1. Les carnets gommés fermés

Il existe plusieurs formats:

Formats

Types de carnet

Confectionneuses

Photos
72 mm x 26 mm
Carnet de 10 timbres avec tirets
Toutes sauf n°9
Carnet de 10 timbres sans tiret
Toutes sauf n°9
Carnet de 5 timbres avec tirets
Toutes sauf n°9
78 mm x 26 mm
Carnet de 10 timbres avec tirets
n°9
72 mm x 52 mm
Carnet de 20 timbres
Toutes sauf n°9

La confectionneuse n°9 n'a confectionné que des carnets de 10 timbres.

Lors de la confection de ces carnets, deux étapes principales nécessitent deux machines:

- les presses pour l’impression des timbres
Pour l'impression des timbres le processus est identique au processus de fabrication des timbres gommés émis en feuille, mais avec une réception en deux bobines.

- la confectionneuse pour l'impression de la couverture et la confection des carnets.


Les couvertures sont imprimées en flexographie avec des clichés en caoutchouc et une encre aniline avec deux cylindres :
- un cylindre pour le texte de la couverture d'un diamètre de 41,4 mm pour les carnets de 5 et 10 timbres ou de 82,8 mm pour les carnets de 20 timbres.
- un cylindre pour les indices de collationnement de même diamètre. Un système de barres sur le cylindre de pression permet un décalage progressif pour obtenir 9 indices sur 260 mm. Le 9e étant plus gros est découpé en deux pour obtenir 10 repères.


Plusieurs confectionneuses ont été utilisées :

- Les confectionneuses n°1 et n°2 ont été abandonnées après un dernier essai avec le carnet fermé 0,80FF rouge « Marianne de Béquet » composé de 5 timbres.

- Les confectionneuses n°3 à 8 pouvaient confectionner environ 70000 carnets par jour.


(Schéma détaillé d'une confectionneuse)

La confectionneuse entraîne trois bandes de papier (2 pour les timbres et la couverture) à la même vitesse de défilement pour les faire coïncider lors de la coupe du carnet.
Un système électronique régule par avance ou retard 3 différentiels pour aligner la vitesse de la couverture, la correspondance des deux bandes de timbres et la coupe du carnet à l'emplacement du perforage, après une lecture optique du perforage.
Le collage des carnets se fait par dépose d'une colle industrielle plastique avec une roulette rainurée qui dépose trois filets pour fixer les deux bandes de timbres et la fermeture du carnet.

La réception des carnets sur le tapis roulant à la sortie de la machine est assurée par un équipier assis au "recevage" qui ramasse les carnets par 50 et met un élastique autour. Chaque paquet est ensuite mis dans une boite plastique qui est adressée aux bureaux de poste après comptage et enregistrement.

Les indices de collationnement (ou comptage) permettent de voir par un simple coup d'œil s'il en manque un carnet.


(Ensemble de 10 carnets gommé fermés avec les indices de collationnement)


- La confectionneuse n°9, plus récente peut imprimer jusqu'à 100000 carnets par jour avec des bobines de 10 timbres de rang directement refendues sur la machine.
Le collage est effectué avec de la colle thermofusible.
L'impression des couvertures peut être bicolore et l'indice de collationnement est dans le sens de la coupe. La couverture n'est pas pliée mais collée sur les deux cotés.

Les confectionneuses étaient mises au point avec des vignettes imprimées avec des guillochis.


(Carnet fermé daté 4 28. 6.77)


(Vignette imprimée avec des guillochis)


2.1.1.3.2.1.1.2. Les carnets gommés ouverts

Les carnets gommés ouverts nécessitent un assemblage particulier pour allier une couverture impriméée sur une presse typographique et des timbres imprimés sur la presse TD6-4.


La presse typographique, imprimant traditionnellement 22 hauteurs de timbres, est équipée d'un cliché métallique recouvert de plastique et gravé à l'alcool après insolation et monté sur un cylindre aimanté au diamètre adéquat.
Ont été ajoutés un four U.V. pour sécher l'encre à séchage U.V et une roulette centrale de coupe pour obtenir deux bobines sur un enrouleur.

La presse TD6-4, imprimant 33 timbres par tour de cylindre, imprime deux bandes sans fin refendues de cinq timbres de rang.
La perforation horizontale des timbres n'est effectué qu'un timbre sur deux, les bandes étant normalement datées et numérotées.

Il était difficile d'assembler les couvertures et les timbres sauf à couper le 11e timbre du fait du développement de la TD6-4 (858 mm) différent de celui de la presse typographique (572 mm).


Pour l'assemblage il a donc été développé une machine qui :

- coupait une couverture de cinq carnets plus un blanc correspondant à un timbre soit 26 mm pour obtenir des blocs de cinq carnets (ou 10 hauteurs de timbres) plus un blanc de 26 mm.
Un tour de presse typographique correspondait donc à cinq carnets (10 hauteurs de timbres), un blanc de 26 mm, cinq carnets et (10 hauteurs de timbres) un second blanc de 26 mm soit 22 hauteurs de timbres.

- coupait la bande de timbres en bloc de cinq fois deux timbres avec un perforage sur deux pour couper les carnets à l'emplacement du perforage manquant et obtenir un timbre dentelé trois côtés. La bande de timbres était collée à l'eau par le gommage sur le côté.

Un numéroteur à jet d'encre inscrivait sur le côté le numéro du carnet ouvert.
L'assemblage de 100 feuilles obtenu était relié, comme un livre, par une machine et collé avec une colle chaude plastique avec une couverture rouge puis massicoté en 52 mm de large avec une chute au bas de 26 mm.


2.1.1.3.2.1.1.3. Les carnets fermés gommés pour distributeur STERNER


(Couverture du premier carnet de distributeur de type STERNER)
(Carnet de 10.00FF à composition variable)



(Feuillet supérieur)


(Feuillet inférieur)

Comme pour les autres carnets fermés, il y a une étape d’impression des timbres et des vignettes attenantes suite une presse TD6 suivie de la confection proprement dite du carnet par la confectionneuse.


(Bandes issues de feuilles imprimées pour le premier carnet de type STERNER)
(Pièces provenant de la collection de C. BARRET)

2.1.1.3.2.1.2. Les carnets gommés de timbres commémoratifs

Tous les carnets gommés constitués de timbres commémoratifs sont des carnets ouverts imprimés sans barre phosphorescente et indicateurs de service.

Quatre phases sont nécessaires pour la réalisation des carnets ouverts gommés : l'impression d'une feuille-mère, l'impression du support du carnet, le massicotage à la taille des feuillets puis l'assemblage du carnet ouvert à l'aide d'une confectionneuse.
Ils sont vendus à l'unité.


2.1.1.3.2.2. Les blocs-feuillet gommés

Une feuille-mère pouvant être constituée de plusieurs blocs-feuillet est dans un premier temps imprimée avant le massicotage des blocs-feuillet de la taille souhaitée.
Ces blocs-feuillet gommés imprimés en taille-douce n'ont pas d'inscription de service (numéro de presse, numéro de presse,…) et de barre phosphorescente.

Le perforage dans les marges chutées lors du massicotage permet d'équilibrer le réglage du perforateur APS dans sa largeur.



2.1.1.3.3. Impression des timbres-postes gommés de roulette

2.1.1.3.3.1. Les différentes étapes de fabrication

Les principales étapes de fabrication des timbres de roulette sont :

- l’élaboration d’une bobine de 10 timbres en largeur, avec la presse imprimante, par impression des timbres, des barres phosphorescentes et des numéros au verso.
Les numéros et les inscriptions de service sont apposés par la presse imprimante juste après l’impression de la figurine

- le massicotage par la refendeuse, de la bobine initiale et des marges latérales comportant les inscriptions de service.


(Source : Documentation ITVF)


Un repère de refendage est imprimé sur les bobines de roulette tous les 33 timbres (un tour de cylindre). Celui-ci permet de vérifier la découpe des bobines.


(Léger décalage de la découpe laissant apparaître le repère dans son intégralité)

- l’élaboration de la roulette de 500 ou 1000 timbres autour d’un noyau.


2.1.1.3.3.2. Les numéros au verso des roulettes et les différentes présentations

2.1.1.3.3.2.1. Les numéros rouge tous les 10 timbres

Depuis 1962, un timbre sur dix porte un numéro rouge imprimé au verso, sur la gomme, pour faciliter la comptabilité des bobines de 1000 timbres.

2.1.1.3.3.2.1.1. Les numéros rouge tous les 10 timbres avec un timbre dentelé


Timbre avec une gomme tropicale (GT) et barre au type B


Les timbres non pourvus d'un numéro rouge peuvent être différenciés des timbres de feuille facilement par l'observation de la dentelure.
La dentelure de timbres de roulette est droite car la bobine sans fin est massicotée verticalement au niveau de la dentelure verticale.


(Dentelure d'un timbre de roulette)


(Dentelure d'un timbre de feuille)

Détail de la dentelure (x200)
Timbre de feuille
Timbre de roulette


2.1.1.3.3.2.1.1.2. Les numéros rouge tous les 10 timbres avec un timbre non dentelé

A partir de 1976, les bords verticaux sont non dentelés, les bobines sans fin n'étant perforées qu'horizontalement.

Le premier tirage a une dentelure dite interrompue avec 12 tous. Cette présentation avait l'inconvénient de très mal séparer les timbres au niveau des angles des timbres.


(Dentelure interrompue dite à 12 trous du 1er tirage du 02.08.76 au 09.08.76)
Timbre avec gomme tropicale (GT) et des barres au type B


(Dentelure interrompue dite à 12 trous - Tirage du 16.08.76 au 18.08.76)
Timbre avec gomme tropicale (GT) et barre au type B

Dès le 10.08.76, les timbres ont une dentelure dite continue avec 13 trous.


(Dentelure continue dite à 13 trous des tirages à partir du 10.08.76)
Timbre avec gomme tropicale (GT) et des barres au type B


2.1.1.3.3.2.2. Les numéros rouge tous les 5 timbres

A partir de Mars 1986, les numéros rouge sont imprimés tous les 5 timbres en bobines de 500 timbres.
Le format des chiffres change.


En 1988, un tirage avec une gomme brillante jaunâtre a été effectué.


En 1988, un tirage avec une gomme brillante jaunâtre a été effectué.


2.1.1.3.3.2.3. Les numéros noir tous les timbres

A partir du 01.01.2005, les bobines de 500 timbres sont constituées de timbres ayant un numéro noir sur tous les timbres.




Il existe 2 définitions d'impression:

- les numéros imprimés en "basse" définition (moins de points)

- les numéros imprimés en "haute" définition (plus de points)


ex: chiffre "3"
- "basse" définition : 10 points
- "haute" définition : 14 points